Lancement du projet de lutte contre la radicalisation des jeunes et la promotion de la citoyenneté

21 juil. 2016

Le projet cible 32 000 jeunes et se focalise sur les zones péri-urbaines et les communautés pauvres, où les effets des activités radicales sont plus susceptibles d'avoir lieu. Photo: PNUD en Mauritanie

Le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), en partenariat avec le Ministère de la Jeunesse et des Sports (MJS), vient d’organiser l’atelier de lancement du projet de Lutte contre la Radicalisation des Jeunes et la Promotion de la Citoyenneté en Mauritanie.

L’atelier, qui dure deux jours, a été ouvert ce Jeudi 21 Juillet 2016 à l’Hôtel Emel à Aleg, capitale de la Wilaya du Brakna, par le Secrétaire Général du MJS. La cérémonie d’ouverture s’est déroulée  en présence du Représentant adjoint du PNUD, M. José Levy et du Waly du Brakna, Monsieur Abderrahmane ould Mahfoudh ould Khatry, le Hakem de la Mouqataa d’Aleg, M. Sidatti Ould Zaoui, la maire adjointe de la Commune d’Aleg, Mme Khadijetou Mint Abdi et plusieurs cadres du Ministère de la Jeunesse et des Sports.

Dans son allocution d’ouverture de l’atelier, le SG du MJS, M Mohamed Ould Vall Ould Abdi, a rappelé l’attention particulière que le Président de la République accorde à la jeunesse qui a souffert de beaucoup de marginalisation et d’exclusion de la vie publique depuis plusieurs décennies. Il a rappelé que l’importance accordée à la jeunesse se concrétise déjà à travers plusieurs stratégies et plans d’actions visant à assurer l’intégration et la participation de la jeunesse dans tous les domaines de la vie économique et sociale du pays, y compris l’accès à des postes électifs et à des responsabilités administratives importantes. Dans ce cadre, en plus de l’organisation d’une rencontre spéciale avec le Président de la République, un Haut Conseil de la Jeunesse a été récemment mis en place a souligné le SG du MJS qui a remercié le PNUD et le Gouvernement du Japon avant de déclarer ouvert l’atelier de lancement.

Quant à M. Levy, il s’est félicité du lancement du projet de lutte contre la radicalisation des jeunes et la promotion de la citoyenneté en Mauritanie. Il a ensuite remercié vivement le Ministère de la Jeunesse et des Sports ainsi que les autorités régionales pour leur disponibilité et leur parfaite collaboration tout long de la préparation de cette importante activité ainsi que le Gouvernement du Japon qui finance généreusement le projet qui est, a poursuivi M. Levy, l'un des premiers projets qui vient en appui à la stratégie de la Jeunesse et des Sports en Mauritanie. Il a ajouté que le projet cible une population de 32.000 jeunes repartis dans les Wilayas du Gorgol, du Brakna, du Trarza, du Guidimakha, du Tagant et les trois wilayas de Nouakchott et il se focalise principalement sur les zones péri-urbaines et les communautés pauvres, où les effets des activités radicales sont plus susceptibles d'avoir lieu et où la promotion de la citoyenneté aura un impact positif important.

Il a aussi salué l’action des Autorités Mauritaniennes en matière de lutte contre le terrorisme et la protection et la promotion des droits humains. « Je suis persuadé, a conclu M. Levy, que le présent atelier constitue déjà une étape pertinente et importante d’implication des acteurs et des bénéficiaires du projet, condition essentielle pour assurer sa mise en œuvre de façon efficace ».

Rappelons que la Mauritanie a une population à dominante jeune, qui traverse une période de transformation socio- idéologique sans précédent. La jeunesse représente une catégorie démographique particulière ; son intégration sociale, économique, politique et culturelle est un gage d'assurance d'un avenir stable et d'un développement durable. Ainsi, les jeunes doivent être considérés comme partenaires clés dans la construction nationale et l'engagement à leur égard doit être une composante principale dans toute action collective stratégique des pouvoirs publics.

Les données de l’étude sur les déterminants socioéconomiques du terrorisme en Mauritanie, réalisée en 2015, montrent que les jeunes associent dans leur très grande majorité le terrorisme à l’ignorance et au crime et ont une mauvaise image des terroristes. Cependant, peu d’entre eux possèdent une bonne connaissance des organisations terroristes. Plus des deux tiers des jeunes estiment que la Mauritanie est exposée au risque du terrorisme dont les principales causes sont pour plus de 38% liées aux conditions de vie : pauvreté et chômage (28%) et recherche de gain (10%). Plus de 44% des jeunes interrogés ont lié le terrorisme à des dimensions religieuses, en particulier une mauvaise interprétation de l’islam, à des dimensions psychologiques telles que la manipulation par des groupes extrémistes et à un sentiment d’injustice globale et envers les jeunes. 

Le projet "Lutte contre la radicalisation des jeunes et promotion de la citoyenneté en Mauritanie", est financé par le Gouvernement du Japon et réalisé par le PNUD en partenariat avec les Ministères de la Jeunesse et des Sports et les Affaires Islamiques. Il tient compte de ce contexte et a pour objectif global le renforcement et la consolidation des capacités de la Mauritanie pour répondre aux défis croissants liés au terrorisme, à la radicalisation de la jeunesse et à la promotion de la citoyenneté.