Assurer l’éducation primaire pour tous

Où en sommes-nous ?

salle de classeLes élèves ont maintenant accès à des manuels scolaires. Photo: PNUD

Si les tendances actuelles se maintiennent sans accélération, la cible relative au taux d'achèvement du fondamental de 100% pourrait être atteinte en 2024, mais cela ne tient pas compte du fait que les enfants non scolarisés seront de plus en plus difficile à scolariser, et que cette croissance mécanique sera donc de plus en plus lente. Les conditions de scolarisation demeurent difficiles (infrastructures délabrées, manque de table bancs, écoles incomplètes, peu de fournitures scolaires…) et 25% des écoles n'assurent pas la continuité éducative. La qualité demeure une préoccupation majeure dans la mesure où le niveau d'acquisition des élèves est faible.

Le Taux net de scolarisation est ainsi passé de 49% en 1990 à 65% en 2000 et 71,6% en 2008 Toutefois, le pays demeure éloigné de l'objectif de scolarisation primaire universelle dans la mesure ou i) une proportion   non négligeable d'enfants – entre 12 et 20% - n'entrent jamais a l'école fondamentale et ii) parmi ceux qui rentrent à l'école, beaucoup abandonnent avant d'avoir achève le cycle, ce qui amoindrit leurs chances d'acquérir les bases d'une alphabétisation durable. Le taux d'achèvement, seul indicateur pertinent pour pouvoir appréhender les progrès vers l'OMD 2 et retenu comme benchmark de l'initiative Fast Track, d'une valeur de 45% en 2000-01 s'établit à 66% en 2008-09.

Les différents indicateurs reflétant l’évolution de la scolarisation dans leprimaire montrent des disparités qui se réduisent beaucoup selon le genre et qui restent assez marquées selon le milieu de résidence, les wilayas ou le degré de
pauvreté. De nettes disparités persistent entre le milieu rural et milieu urbain. Ainsi, selon les données de l’EPCV 2008,le TBS affichait un important écart, atteignant 108,5% en milieu urbain contre 79,6 % en milieu rural, soit une différence de 28,9 points, en nette régression par rapport à 2004 où cet écart était de 44,3 points.

L’analyse du TBS par wilaya en 2008, fait ressortir des disparités considérables. Les deux valeurs minimale et maximale de ce taux sont enregistrées dans les wilayas de l’Assaba (67,7 %) et du Tiris-Zemmour (122,6 %). Les données de la DSPC confirment les fortes disparités entre wilayas, même si les taux diffèrent de ceux de l’EPCV.
Six wilayas (Hodh El Charghi, Hodh El Gharbi, Assaba, Gorgol, Guidimagha et Inchiri) avaient des TBS en dessous de la moyenne nationale, alors qu’une, le Brakna, se situait, à peu près, à cette moyenne et que les six autres wilayas affichaient des taux supérieurs aux taux national.

Entre 2004 et 2008, toutes les wilayas du pays, exception faite du Hodh El Gharbi, ont enregistré des progrès. Selon les moughataas, des disparités très importantes sont également constatées. Ainsi, les taux varient entre 38,2 % à Barkéwol à 133 % à Aoujeft. Des progrès sensibles avaient été également enregistrés dans les moughataas de Rosso, F’Dérick, Zouérate et Bababé.