Rapport sur les progrès vers l'atteinte des Objectifs du Millénaire pour le développement en Mauritanie 2010

02 mai 2010
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Résumé

Les indicateurs disponibles montrent que les Objectifs peuvent être atteints en matière d’accès universel à l’enseignement fondamental (objectif 2), ce qui constitue une avancée remarquable dans la mesure où le taux net de scolarisation dans le primaire était de 49 % seulement en 1990 ! De même, toujours dans le secteur de l’éducation, la parité filles/garçons a été atteinte dans l’enseignement fondamental en 2000/2001 (composante de l’objectif 3).


Le rapport filles/garçons était de 0,72 en 1990. Dans le domaine de l’eau, on peut espérer atteindre une proportion d’accès à un approvisionnement en eau «amélioré » (satisfaisant) de l’ordre de 74 % en 2015, alors que cette proportion était de 37 % en 1990, ce qui serait conforme aux OMD (composante de l’objectif 7).

 

Enfin, les indicateurs disponibles en matière de VIH-SIDA, paludisme et tuberculose (objectif 6) montrent que ces maladies ne progressent plus et que l’on est en mesure de renverser la tendance à leur expansion et d’atteindre les OMD correspondants.


Dans d’autres domaines, des progrès importants ont été réalisés, mais ne permettront pas d’atteindre les OMD. Il s’agit de la réduction de la pauvreté (objectif 1).

 

A partir d’une incidence de la pauvreté de 57% en 1990, la Mauritanie a atteint un taux de 42% en 2008, ce qui correspond à une baisse de 15 points. La parité filles/garçons (objectif 3) n’est toujours pas réalisée dans l’enseignement secondaire (33 % pour les garçons, contre 28% pour les filles en 2008). Les disparités sont encore plus affirmées dans l’enseignement supérieur.

 

L’écart n’est pas tel dans le secondaire qu’il ne puisse pas être réduit dans les années qui viennent si une stratégie d’envergure est mise en oeuvre. La participation des femmes aux décisions politiques a connu une remarquable amélioration depuis 2006, même si des progrès sont encore nécessaires par rapport aux OMD.

 

Pour un dernier groupe d’objectifs, la situation demeure préoccupante et les évolutions ne sont pas satisfaisantes. Il s’agit tout d’abord des objectifs 4 et 5 relatifs à la santé. Les progrès enregistrés laissent augurer des indicateurs éloignés des cibles retenues dans les OMD en matière de mortalité infantile (122‰ en 2007, alors que la cible est de 45‰ en 2015) et maternelle (686 pour 100 000 naissances vivantes en 2007, alors que la cible est de 232). Il en va de même en matière de santé de la reproduction, alors que le taux de prévalence de la contraception chez les femmes mariées de 15 à 49 ans était de 9% en 2008. On a vu que l’évolution de la situation dans le domaine des grandes maladies (Sida, tuberculose et paludisme) était pourtant sous contrôle. Mais il s’agit là de secteur fortement appuyés par la communauté internationale.

A retenir

  • Le nombre de pauvres a toutefois continué à augmenter (1 382 200 en 2008), sous l’effet conjugué du rythme soutenu de la croissance démographique (2,4%), de l’insuffisance des taux de croissance économique réalisés sur la période par rapport aux objectifs et du faible ancrage de cette croissance dans la sphère économique des pauvres (milieu rural notamment). Les indicateurs d’écart2, qui reflètent l’évolution de l’inégalité au sein des pauvres, montrent que la profondeur de la pauvreté a baissé de 28,2% en 1990 à 17% en 2000 et à 14,5% en 2008. La sévérité de la pauvreté a eu une évolution relativement comparable, baissant de 18,1% en 1990 puis à 6,9% en 2004 pour se maintenir à ce même niveau en 2008.
  • En termes de stratégie, le CSLP II soulignait déjà l’un des principaux enseignements tirés de la mise en oeuvre du CSLP I 2001-2004 : l’absence d’un lien entre l’axe majeur de la stratégie, à savoir l’accélération de la croissance et son ancrage dans la sphère des pauvres
  • Les tendances à l’oeuvre indiquent que la Mauritanie est en mesure de s’approcher de l’objectif 3 en 2015. Atteindre l’objectif supposerait que les contraintes qu’affronte le système éducatif, notamment en matière de gouvernance, d’allocation des ressources, soient combattues avec détermination, et que la pauvreté recule en milieu rural.